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Babil septembre 2002 - maquette 2 titres
Eclavages
Are you radis ? juillet 2003 - maquette 15 titres LIVE
Mots dire
L'ange de faïence octobre 2003 - CD 3 titres
Monsieur mai 2005 - Album 13 titres
Légendes Urbaines

Album en téléchargement sur Virginmega

Are you radis ?

(Annabelle Cavallin et Béatrice Boissière)

Il était une fois trois radis
En quête d’auteur
C’était des radoteurs
Ils voguaient radieux
de radeaux en radins

Les radis se doraient !
Curieuse rando
pour des radis sans sac à dos

Radiboum radicale mit le cap sur la rade
Radislûte s’occupe des étoiles
Et radibling accorde les voiles

On ne vous l’radira pas deux fois
ARE YOU RADIS ?

A trop rôder le radeau se perdit
La mélancolie se radina
Et les radis rôdaient !
Pas de fan, pas de radis
Pas d’rodéo, pas d’paradis

On ne vous l’radira pas deux fois
ARE YOU RADIS ?

Soudain, un soleil irradie
Une radiateur ! Une radiville, une radichamp !
Claire héroïne s’installa sur le radeau
Et les sauva de la dégrinradigolade
La princesse à notes et ses radis
Vous embarquent
Vers des elles paradisiaques

On ne vous l’radira pas deux fois
ARE YOU RADIS ?

Y a du soleil et des nanas Darladirlaradis
On les trouvait plutôt jolies, radis
Mon premier, c’est radis …
Le radis au soleil
Radis o kill the radis o star
C’est radis, oh oh, oh oh
All you need is Radis O gaga
Radidi aussi
On ira tous au paradis

RIDEAU !

Babil

(M. Mas)

Babylone
Des tours s’écroulent
A Babel, les ruines font boules
De neige sous le soleil de Mésopotamie
Sur une note unique
Un mi

Tout part en fumée
Tout est oublié
De l’intolérance
Aux éléphants triomphants
Des murs de Troie vers la capitale
Pour le déchaînement final

Non, non, pas de turqueries

A Babylone
Il y a des cours
Où le soleil entre Tigre et Euphrate
Supporte des messages si lourds
Que le déclin seul se hâte

Non, non, pas de turqueries
C’est un drame, pas une moquerie

Sa chute moyenne orientale
Ses atrocités verticales
De la troupe radieuse
Je les vois au harem rieuses…

Non, non, pas de turqueries
C’est un drame, pas une moquerie
Babil à Babylone, le glas sonne et résonne

La fin terrible fait qu’à l’avenir
La perse vivra dans les souvenirs
Profanes obscurs
C’est la déchéance fatale, finale...

Chambre 302

(Annabelle Cavallin / Béatrice Boissière)

Il suivait le chasseur
Qui portait sa valise
Le hall était désert
Dans une poche, sa promise

Il se serait perdu
Sans le pisteur d’hôtel
Dans la chambre 302
Il posa un aveu

Il s’allonge et attend
Que le couloir paraisse
Vers une heure un sursaut
L’amène à la fenêtre

Les réverbères s’agitent
La pluie l’aura retenue

De retour vers les ombres
Il allume un passe-temps
Il se fond dans les horloges
Il dessine les moments

A trois heures, l’ascenseur résonne
Le couloir l’observe, impatient
Les pas s’échappent, l’oublient
Les portes n’ont pas d’envie

Les réverbères s’agitent
Son mot l’aura déçue

Il compte les plafonds
Et ses rêves cotillons, l’ennuient
Le premier métro promesse
Vide sa poche abusée

Il fuit le chasseur
Qui portait sa tendresse
Le hall se réveille
Et le groom s’ennuie

Les réverbères se moquent
L’envie l’aura retenue

Chevalier errant

(Béatrice Boissière / Annabelle Cavallin)

Il lui a dit : « Tu m’attendais,
Je suis un peu en retard »
Elle a commandé un autre café
Elle avait mis le temps au placard

« Je suis celui qui chante aux fenêtres,
Ma cour s’ennuie sans rime autour
J’ai une belle histoire à te promettre
Des mots guimauves sur notre parcours

Je suis celui qui danse les promesses
Et les tangos impatients
Je suis le maître et la tristesse
La comédie des amants

Je suis celui qui peint les drames
Et les expose à contre-jour
Je suis pastel au cœur des femmes
Et roulement de tambour. »

Il a mis fin à ses appâts
Il a reposé son café
Elle lui a dit : « Tu attendras.
Le temps me manque pour espérer. »

Elle est celle qui est tombée
Sur l’amour et sur du vent
La belle histoire s’est achevée
Sur un tango arrogant

Il était celui qui danse les promesses
Auxquelles elle voulait croire
Il était l’or et la tendresse
Pour toujours pas pour un soir

Il est parti, dernier café
Le bonheur est en retard
Mais elle s’y attendait
Il est trois heures moins le quart

Drame sans théâtre

(Béatrice Boissière)

Créer à l’intérieur de moi un état
Peupler mon monde d’autres habitants.
Prélèvement de vie, autopsie de ma foi
Existence incertaine et sourire pourtant

Je marche au milieu des fantômes ennemis.
De l’amour, toujours esclave cardiaque
Je me multiplie dans l’âme de son lit
Me fonds et me confonds en sa peau opaque

Tout sentir, de toutes les manières
Tout vivre de tous les côtés
Tout mentir, brûler mes paupières
Tout souffrir et me laisser saigner

Aimer, c’est comme être malade des yeux
Mon infini est mort dans ses prunelles
Mon corps ne connaîtra jamais d’autres cieux
Il a fait de mon âme une enveloppe charnelle

J’ai débordé, je veux me répandre
Ecrire un début, ne plus toucher à ma fin
Briser ce vers et de ma nuit descendre
Me poursuivre jusqu’au festin

Tout sentir, de toutes les manières
Tout vivre de tous les côtés
Tout mentir, brûler mes paupières
Tout souffrir et me laisser saigner

Tout sentir, de toutes les manières
Tout vivre de tous les côtés
Tout frémir, maquiller ma poussière
Tout saisir, et me laisser l’oublier

Echec à la dame

(B. Boissière / A. Cavallin)

Sur ton échiquier je chancelle
Amère stratégie et revanche des cœurs
Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
Remets tes pendules à mon heure

Avant de commencer la partie
Choisis pile et tu t’effaces
Peux-tu jouer sans parti pris ?
Tu te dissimules ? impair et passe

Je vois ta vie plus noir que blanc
Sans mes couleurs tu es perdant
A trop compter sur tes atouts
Tu n’es plus rien, à présent joue

Cavalier à l’armure bagatelle
Tu tournoyais dans mes désirs obliques
Amoureux de nos joutes sensuelles
Moi la dame de cœur, toi le valet de pique

Dans ma tour enfermée, j’ai brisé ton carreau
Malgré tes diagonales incertaines et usées
Au hasard de tes mots ta loterie prend l’eau
Mes garde-fous habiles ont su te déjouer

Le roi déchu se couronne en pion
Moi la reine libérée et toi en prison
Sans passer par la case départ
Echec et mat, il est trop tard

Tu triches, je mens
Je mise, tu prends
Tu paries, je t’attends
J’attaque, tu défends...

Eclavages

(A. Cavallin)

Je suis l’gardien de l’ascenseur
Le fossoyeur, le convoyeur,
De vos rêves
Je vous fais presque toucher le ciel
Dans ma carlingue capitonnée
Vos battements d’ailes
Vos lunes de miel
Sont faciles à apprivoiser
Ayez un peu d’humanité
Et me marchez pas sur les pieds

J’suis la gardienne du tapis rouge
La shampouineuse, la toiletteuse
De vos chimères
Eclipsée par les étoiles
Foulée par les lumières
Les bas résilles et les hauts de forme
Sont faciles à apprivoiser
Ayez un peu d’humanité
Et me marchez pas sur les pieds

J’suis l’technicien d’la star en pied
Le maquilleur et l’arrangeur
De vos mirages
Moi pauvre sire de vos poupées
Briseur de vrai
Vendeur de faux
J’éclate de rire
Devant tant d’immobilité
Ayez un peu d’humanité
Et me marchez pas sur les pieds

Je suis l’gardien d’la place Dauphine
J’ai mauvaise mine
J’ai mauvaise mine
A vos virages
Asphyxié par vos injures
Vos klaxons et vos impatiences
Votre quotidien tic-toqué
Est indigeste à fluidifier
Ayez un peu d’humanité
Et me roulez pas sur les pieds

Ayez un peu d’humanité
Et applaudissez
Ou alors payez

Je suis tombée dans un trou de mémoire...

Béatrice Boissière

Dans mes yeux fusillés
Plus d’éclair, de clarté
De ma bouche amnésique
Des phrases mécaniques

Des refrains dans ma tête
Mes toujours sont peut-être
D’un souvenir une messe
Mes amis sans adresse

Je voudrais les détails
Partager l’éventail
De mes réminiscences
D’une vie sans importance

Je ne sais plus parler
Un mot mal épelé
Je ne me souviens de rien
Un infirmier revient

Mes souvenirs s’anémient
Mon prince arabe s’arrête
Je suis le fleuve de l’oubli
Sa majesté al Zeimer
Me guette !

La Maréchale

(Béatrice Boissière)

Le bleu des lanternes d’acier
Caresse et clignote, « hôtel insonorisé »
Pour une heure, pour un billet
Je m’offre à l’amour endetté

Autour de chaque réverbère
Mon corps sait, le sien se sert
Sublime reine d’une mètre carré
Lèche vitrine , à consommer

Je regarde passer le vent
Pour un passant, je me vends

La courbe de ma hanche
S’oblige et se penche
Mes oreilles mi closes
Rêvent d’ailleurs sous hypnose

Deux seins que l’on dégrafe
A l’affût d’un serment
Un prénom sans orthographe
S ‘allonge sur un absent

Je regarde passer le vent
Pour un passant, je me vends

Le linceul d’amour, à minuit, se découd
Mon miroir me surprend, destin de mascara
Rendre l’âme, oui, mais où ?
L’habitué du lundi m’attend en bas

Je regarde passer le vent
Et pour aimer, je mens

L’ange de faïence

(Béatrice Boissière)

Je suis un ange de faïence
Je me déploie et m’élance
Entre deux ou trois bibelots cassés
Et le cerf d’un canevas fané

Je suis un ange défiguré
Mes sphères aux pieds nus
Parcourent la voie lactée
D’une bière sur le canapé

Mon diamant sourit au crépuscule
Mon socle à double face
S’ouvre au vol des libellules :
Bleu ou rose, le temps passe

Parfois, je les salue
D’un geste, d’une auréole ou d’un papier
Ils pensent et ruinent un sourire
Marionnettes fêlées
Leurs yeux sont tombés à l’intérieur
Juste à côté du canapé

Je m’ennuie, je chique le temps
Sur mon nuage de diamant
Leurs héros exténués
Et leurs cathédrales sans pitié
Qui voudrait s’y agenouiller ?

Mes ailes courbent le temps
Dîners d’émois, soupers d’effrois
J’ai chaud

Légendes urbaines

(Béatrice Boissière / Annabelle Cavallin)

Sur le quai, seule et rabougrie
Alice poinçonne son pays vermeil
La grenouille a fait un effet bœuf
Chacun s’accroît !

Y a un bruit qui court
Y a un fruit qu’est sourd…

Pierrot dans le ciel a capturé la lune
La rumeur s’enfle, se soulève
Sur le front d’Avignon
On dépense tous nos ronds
Et Barbe Bleue jardine nos ecchymoses

Y a un bruit qui court
Y a un fruit qu’est sourd
Quand c’est frit, c’est lourd

Hier, le petit poussait le rat hors des villes
Et le chat bottait le rat hors champ
Il ne faut pas croire ce que le rat conte
La fée Cara bosse aux 3-8
Et deux matons râleurs

Y a un bruit qui court
Y a un fruit qu’est sourd
Quand c’est frit, c’est lourd
Le frottis, c’est pas l’amour

On dit que l’ogre n’aurait plus faim
Qu’il serait même végétarien
La belle en fait est bête
Et gueule de bois dormant
Le chaperon préfère le rouge
Au vers de Cendrillon
Sur un rail de blanche neige
Un nain peut en cacher un autre

Y a un bruit qui court
Y a un fruit qu’est sourd
Quand c’est frit, c’est lourd
Le frottis, c’est pas l’amour
Sarkozy aime Lova Moor

Le tablier des anges

(Béatrice Boissière)

Tes chagrins d’amour penchent mon azur
Mon océan salit ton tablier des anges
Ta bouche muette masque la rupture
J’ai brûlé mes doigts contre tes phalanges

Tes panaches de peur suivent ma nécropole
Piètre panorama de ma nuit orpheline
Cent mille instants d’amour et pas une auréole
As-tu passé la nuit sans aspirine

J’ai voulu crier ton amour inconnu
Et m’enlacer dans les portes cochères
Faire l’amour au bout de l’avenue
Mon prince d’avant referme la portière

Nos lèvres enflammaient la pénombre éternelle
Et nos yeux d’or, un trottoir dormant
J’ai voulu épingler l’aube de tes prunelles
Et de toi, me laisse aimer, délicatement

Mais le temps fait ce qui lui plait
Ta main cousue de fil blanc, s’en va
Ces larmes noires à désamorcer
Ne m’ont laissé de toi que moi

Tes rêves de mutin ont brisé mes ailes
D’un coup de dé, je perds la délivrance
Tes promesses que je croyais éternelles
Ont pris mon cœur par transparence.

Ma grotte aux trésors

Béatrice Boissière

Agenouillée dans ma cellule
Même mes rêves ont des barreaux
Ce soir, le bal des libellules
S’éteint au bord de ma peau

Labyrinthe sans Minotaure
Sans fil d’Ariane pour décoller,
J’ai trop rêvé et j’ai eu tort
Qui serait sourd si je me taisais ?

Mon royaume est étriqué
Mon puit de quatre murs s’étiole
Ces saveurs à démêler
Empestent mon chemin de lucioles

Je croyais infini mon compteur
Passagère du dernier métro
Condamnée à mort dans une heure
Je me noie dans un verre d’eau

Soudain ma luciole s’est habillée
Et s’est revêtue de toi
Les libellules peuvent danser
Je n’aurai plus jamais froid

Plus de garde à vue ni de parloir
Ta présence m’a libérée
J’ai besoin de tes yeux pour voir
Je ne compte plus mes journées

Vivre vite mais avec élégance
S’ouvrir avant de mourir
Vivre vite et dans l’urgence
M’ouvrir à toi et me nourrir

Je voulais dire le monde
Et tu m’aides à l’habiter
Je voulais sentir l’onde
Tu m’as appris à nager

Vivre vite mais avec élégance

Meurtre à larme blanche

(Béatrice Boissière)

Ta main lente vola mes yeux vers le jour
Et la lumière entra dans mes cieux souverains
Ta main avait touché des syllabes d’amour
Ta main m’épargna le sommeil du destin

Ta main fut l’orchestre d’un concert déchirant
Tu m’as battu comme un amant jaloux
J’ai le corset sombre d’une infante implorant
Que ton poing douloureux cesse ses coups

Ta langue dans la mienne, éponge de vinaigre
Laisse en moi des baisers de sang
Chacun de tes bouquets se désintègre
J’ai peur, tu me bats en souriant

Ta peau dans ma peau
Je n’ai plus d’écho, je n’ai plus de cri
Meurtrie par tes gestes
Le supplice de ta roue me désunit

Tu régnais sur ma vie sans partage
J’étais à tes pieds
Dans ta lumière, femme parmi les flammes
Tu as tué ma vie au bord de l’escalier

Le silence m’assure qu’il est bien mort
Sa bouche fermée est enfin muette
Je fais de ses obsèques un festin de porc
Son sourire sanglant a fermé sa fenêtre

L’amour est un théâtre où le meurtre s’annonce
Je l’ai tué, reine captive enchaînée à ses branches
Les dieux chassent mes yeux et me renoncent
Je l’ai tué, doux meurtre à larme blanche

Monsieur

(Béatrice Boissière)

Me voici devant vous, le corps maladroit
Surveillant mon allure, gardant le dos bien droit
Avec au fond du cœur cette odeur stupide
Qui me fait manquer d’air et ressortir mes rides

C’est vrai, Monsieur, que je ne sais de vous
Que ces quelques secondes, ces quelques mots jaloux
Vos mains légèrement et vos doigts sans caresse
Tentent sur mon front une impossible ivresse

Vos yeux m’interrogeant de leur nuit équivoque
Balayent d’un regard le sens de ma visite
Je vous prête 40 ans et deux trois heures en toc
Grenier de ma mémoire, chronique d’une fuite

Vos épaules devant moi comme unique oraison
Etendard d’un avenir réduit à ma façon
Entre nos deux mondes ton âge déchire
Mes années de fossile et mes derniers désirs

C’est dans les plus vieux rêves, Monsieur
Qu’on fait les meilleurs jours

Le dos courbé mes torsions sont grotesques
Mais vous riez Monsieur et il est bien facile
De vous moquer d’une allure fragile
De ce désir avoué à 60 ans ou presque

C’est dans les plus vieux rêves, Monsieur
Qu’on fait les meilleurs jours

Mes mains tremblent et ma voix frémissante
Se souvient, rendez-vous, et mes cernent déchantent
Je ne sais vous dire, j’aimerais vous revoir
Si vous traînez vos pas vers mon dernier couloir

C’est dans les plus vieux rêves, Monsieur
Qu’on fait ses beaux discours
C’est ainsi que s’achève, monsieur
Nos élans sans retours

Mots dire

(Béatrice Boissière)

Ma pensée vole et mes mots vont à pied
Pourrais-je écrire si je ne suis pas née ?
Un céleste incendie en moi bat les cartes
Se hasarde et se rit de mes mots écarlates

Mon œuvre est orpheline
Et ne sait s’inventer
Mes pantins de naphtaline
Consument l’espace du passé

Moments filés de soi
Je est un autre

Mourir de n’être que parole
Chercher en vain le couronnement
Si tous les verbes se désolent
Que cesse enfin ce ressassement

Moments filés de soi
Je hais un autre

Les mots, âmes du purgatoire
Capitales de la douleur donnent la nausée
Une saison en enfer entre le rouge et le noir
Misérables contemplations du temps retrouvé

Avec tant de vermines,
comment faire une rose
Mille mots qui s’enfuient
un seul qui se pose

Moments filés de soi
Je et un autre

Ecrire est une foire d’orgueil
Un marché de toutes les vanités
Me dénuder en trompe l’œil
Vendre mon âme à la criée

Moments filés de soi
Je est le vôtre

Ne t’inquiète pas...

(Béatrice Boissière et Annabelle Cavallin)

Ne t’inquiète pas
Je n’aime pas le vent
Sous les saules dormants
Mes lieux amoureux
N’ont pas de saison

Ne t’inquiète pas
Je n’aime pas la pluie
Ni les larmes d’un carreau
Mes orages amoureux
N’ont pas de saison

Ne t’inquiète pas
Je n’aime pas la neige
Ni les traces effleurées
Au coin des sortilèges
S’effacent les saisons

Ne t’inquiète pas
Je n’aime pas le jour
Qui fait aimer les nuits
Un abat-jour amoureux
Ne tire pas les saisons

Ne t’inquiète pas
Je n’aime plus le temps
Ses souvenirs amants
S’il ne reste rien d’autre
Que ta saison soit nôtre

Contre toi je prends
Ce que tu m’as laissé
Combien de printemps
Les bonheurs cachés
N’ont pas de saison

Nocturne traversée

(B. Boissière)

Sommeil aux braises noires
Et son chant insomnie
Dormir sans silence
Et démonter ma nuit

Une épine en mon cœur
Ouvre un chemin brûlé
Et fait trembler les heures
De mes draps déchirés

Mémoire, aile du silence
Et le vin m’accompagne
Comment as-tu trouvé mon âme ?

Ensanglante insomnie
M’encercle de ses bras
Et écarte la nuit
Décidant de mes pas

Le matin sur mon lit
Instant de vérité
Qu’ai-je fait de ma nuit ?
Nocturne traversée

Mémoire, aile du silence
Et le vin m’accompagne
Comment as-tu trouvé mon âme ?

Entre mes doigts le jour
La nuit sombre a fini
Et se couche déçue
Sur mon divan, meurtrie

Mémoire aile du silence
Et le vin m’accompagne
Comment as-tu trouvé mon âme ?

Au bout de tout dormir
Car le jour m’annule
Et j’ai mal à la tête...

Ordures à cuire !

(Béatrice Boissière)

Nettoyeur de vos songes de dentelles
Déchets et détritus, je ramasse vos poubelles
Témoins insignifiants de vos corbeilles pleines
Votre vie s’évapore et a mauvaise haleine, et a mauvaise haleine

Mes doigts s’effleurent sur vos ordures
Festins barbares des chiens ardents
Vos tranches de vie pour sépulture
Je balaie vos tas d’ossements

Je suis éboueur
Et à mes heures
Pour votre bonheur
Je vis vos odeurs

Bandeau de soie, emballage perdu
Je suis l’oracle de vos cuisines
De l’or léger des détritus
De vos conserves, canapés ruines

Je suis éboueur
Et à mes heures
Pour votre bonheur
Je vis vos odeurs

Je sens vos morceaux de vie bourdonner
Quand un sac plastique explose
J’aurais voulu vous étonner
En enterrant vos ecchymoses

Je m’abandonne à vos espaces
Mes gants usés me séparent de vous
Devant moi, l’ombre informe passe
Un camion poubelle, voilà tout !
Je suis éboueur
Et à mes heures
Pour votre bonheur
Je vis vos odeurs

Rideau ouvert

(Béatrice Boissière)

Le remord de la fenêtre
Etait perdu de rhumatisme
En bas, la foule des petits êtres
S’agitait avec fanatisme

C’était un matin d’habitude
Ma pièce muette est trop sombre
Face à face à la solitude
La chaleur moite et la pénombre

Les meubles lourds et taciturnes
Las draps collants, sales et trop blancs
Dernière vapeur d’un instant nocturne
Ma montre molle, judas du temps

Derrière les volets et la lumière
Passants du temps trop violents
Je ne vois qu’un cœur qui se sert
Et qui vomit des flots impatients

La peur réveillée par le bruit
Poussait un cri et s’étirait
Puis tu sortais de sous le lit
Bonjour mon amour, je t’attendais.

Je t’attendais...
Je t’attendais...

Toi et moi sous un parapluie

(Laurence Le Gal)

Toi et moi sous un parapluie,
Le ciel avait juste éventé
Quelques traits d’humidité
Trop discrets pour qu’on s’en méfie

Toi et moi sous un parapluie,
Solidaire, tu as bien voulu
Qu’on se serre sous ce bout de tissu
Quand l’averse nous a surpris.

Toi et moi sous un parapluie,
Mes pieds voguent dans une flaque d’eau,
Ta veste se gonfle hissée haut,
Le vent nous emporte, adieu Paris !

Toi et moi sous un parapluie,
Naufragés volontaires à bord
D’un voilier amarré au port,
Faux prisonniers des intempéries.

Toi et moi sous un parapluie,
J’entends hurler mais peu importe
Qu’on soit trempé devant la porte
D’où ta mère nous appelle à grands cris.

Toi et moi sous un parapluie,
Comme deux imbéciles heureux
Drapés dans un voile pluvieux
Attendant l’improbable éclaircie.

Toi et moi sous un parapluie,
Je te regarde sourire au ciel,
Que la pluie devienne éternelle,
Le bleu de tes yeux me suffit.

Tournez manège

(Béatrice Boissière)

Allons messieurs dames approchez !
N’ayez pas peur de l’essayer
Nous vous garantissons ici
Sur le grand huit de la vie
Des hauts, des bas, de l’ivresse
Des surprises, des chocs, de la vitesse.

Vous préférez rester assis ?
Pourtant debout, ça marche aussi !
Mais, c’est à vous de décider
Et nous voici pour la montée.

Une descente un peu brutale
Et ce virage presque fatal
Comment ? Quelqu’un est tombé ?
Ces choses-là peuvent arriver

Mais non, fermez les yeux
Ayez confiance, ce n’est qu’un jeu
Regardez autour de vous
Ou vous allez devenir fou !

Attention, ça devient sérieux
Faîtes pas cette tête, souriez un peu !
Soyez branchés sur le mouvement
On s’est donné du mal, bon sang !

Pourquoi restez vous silencieux ?
Laissez-passer, ça ira mieux
Vous allez louper le meilleur
Comment ? Vous avez mal au cœur ?

Ouvrez les yeux, je vous le dis
Faites confiance à vos envies
Vous vous sentez un peu crispé ?
Savourez, ça ne va pas durer

Ça ne va pas durer...

Une polka et puis pas…

(Béatrice Boissière)

On pourrait aller jusqu’au bout de la terre
Danser une polka dans un bois
On pourrait prendre un dernier verre
On pourrait dormir dans la soie

Si tu étais là, on pourrait danser,
On pourrait danser la polka

On pourrait prendre le dernier bateau
Là où le monde se termine
On pourrait prendre un narcotique
S’asseoir sur un mur de briques

Si tu étais là, on pourrait danser,
On pourrait danser la polka

Je voudrais repousser le petit déjeuner
Pour t’inviter à faire un tour
Dans le petit bois d’amour
Je connais le gardien

Si tu étais là, on pourrait danser,
On pourrait danser la polka

Le vent t’invite, la vie t’invente
On pourrait rester sur ce quai
Et sous un pont planter la tente
Vers d’autres vies s’embarquer

Si tu étais là, on pourrait danser,
On pourrait danser la polka

On pourrait aller trouer nos semelles
Sous un parapluie d’amour
On pourrait dégourdir nos ailes
On pourrait dessiner nos contours

Si tu étais là, on pourrait danser,
On pourrait danser la polka

Sept heures du matin, j’ai la gueule de bois
Le gardien m’a laissé dehors
Je ne sais même pas danser la polka
Je te croyais là

On pourrait aller jusqu’au bout de la terre
Danser une polka dans un bois
On pourrait prendre un dernier verre
On pourrait dormir dans la soie
...

Va t’en

(Claire Jaumotte)

Je suis rongée par ton absence
Je suis rongée par ta présence
Une obsession irrésistible qui m’entraîne vers l’irréversible
C’est ta couleur qui me dessine
Me devient belle et me révèle
Alors s’il te plaît va-t’en avant que ma peur ne m’fascine

Si tu m’aimes tu me tues,
Car moi je t ‘aimerais encore plus
Si tu me dis un peu de toi, je m’offrirais cent mille fois
Et si jamais tu m’complimentes,
Je pourrais plus te résister
Et j’appuierais où tu me hantes, j’oublierais ma réalité

Je veux que tu sortes de ma vie
Avant de t’y être installé
Je t’ai préparé un beau coin où on pourra se protéger
Alors ne prends pas cette place
Qui grandit quand on s’en sert
Si tu me touches je t’appartiens jusqu’à c’qu’un autre me libère

septembre 2002
maquette 2 titres
Ecole Louis Lumière, Paris
juillet 2003
maquette 15 titres LIVE
Son : Gill' Sonorisation.
Enregistrement : F. Barthélémy
octobre 2003
CD 3 titres
Enregistrement : François Casays,
Studio Accès Digital, Rouen
mai 2005
Album 13 titres
Enregistrement : François Godefroy,
alias Gene Clarksville et F. Casays,
Studio Accès Digital à Rouen

septembre 2002

maquette 2 titres

Claire et ses radis, à la suite de leur participation remarquée au concours de chanson de Marly-le-Roi (78), enregistrent en septembre 2002, une maquette deux titres dans les studios Louis Lumière à Paris

Babil Paroles : Mathieu MAS - Musique : Annabelle Cavallin - (Arrangements : Claire Jaumotte)
EclavagesParoles : Annabelle Cavallin - Musique : Claire Jaumotte

juillet 2003

maquette 15 titres LIVE

"Claire héroïne, s'installa sur le radeau
Et les sauva de la dégrinradigolade
La princesse à notes et ses radis
Vous embarquent...Vers des elles paradisiaques"

Are you radis ?

Leur premier live ! Claire et ses radis en concert à L'armada de Rouen, Esplanade du théâtre des Arts le 4 jullet 2003 !

Face A
Are you radis ? (B. Boissière-A. Cavallin/C. Jaumotte)
Mots dire (B. Boissière/C. Jaumotte)
Va t’en (C. Jaumotte)
Ma grotte au trésor (B. Boissière/C. Jaumotte)
Monsieur (B. Boissière/C. Jaumotte)
Nocturne traversée (B. Boissière/Une Valse pour vénus)
Un jeune homme (R. Asso/L.Poll)
toujours Face A
Ordures à cuire (B. Boissière/C. Jaumotte)
La Maréchale prostrée (B. Boissière/C. Jaumotte)
Drame sans théâtre (B. Boissière/C. Jaumotte)
Sur la place (J. Brel)
Je suis tombée dans un trou de mémoire(B. Boissière/C. Jaumotte)
Amsterdam (J. Brel)
Une polka et puis pas...(B. Boissière/C. Jaumotte)

octobre 2003

CD 3 titres

Claire et ses radis enregistrent en octobre 2003 un CD 3 titres dans les studios de François Casays (Accès Digital) à Rouen !

Rouen Magazine (n°193, 12 - 25 février 2004) : "Enfin ! Les quatre jeunes filles dans le vent sortent leur premier CD. (...) Dans ce trois titres, la voix suave et enivrante de Claire accompagne les mélodies de ces trois radis. (...) Frisson garanti."

Musicplanet.com (avril 2004) : "Le début très prometteur de ces 4 filles de Rouen. A suivre de près et à ne pas louper en concert. Si vous aimez la chanson à texte et la musique pop/rock radi-calement différente. (...) Claire Et Ses Radis quel drôle de nom mais quelle bonne musique. Si vous aimez les Têtes Raides et Brel, pour ne citer que ces grands, vous aimerez Claire Et Ses Radis."

L'ange de faïence (B. Boissière / C. Jaumotte)
Une Polka et puis pas(B. Boissière / C. Jaumotte)
Va-t'en(C. Jaumotte)

Vous pouvez vous le procurer lors de nos concerts et par courrier. Ecrivez-nous et nous vous le ferons parvenir, contre 6.5 euros (6 euros + 0.5 de frais d'envoi).

mai 2005 [Moments filés de soie]

Album 13 titres

Ce premier album a été enregistré de décembre 2004 à mars 2005, par François Casays au Studio Accès Digital (Rouen) et à La Grotte par François Godefroy.

Disponible à la fnac de Rouen, Nuggets (Vernon), Le Forum (Evreux) ou sur le site

1 -Monsieur(B. Boissière/C. Jaumotte)
2 -Mots dire (B. Boissière/C. Jaumotte)
3 -La Maréchale (B. Boissière/C. Jaumotte)
4 -Tournez manège (B. Boissière/C. Jaumotte)
5 -L'ange de faïence (B. Boissière / C. Jaumotte)
6 -Nocturne traversée (B. Boissière/Une Valse pour vénus)
7 -Légendes urbaines(B. Boissière-A. Cavallin/C. Jaumotte)
8 -Rideau ouvert (B. Boissière/C. Jaumotte)
9 -Echec à la dame (B. Boissière-A. Cavallin/C. Jaumotte)
10 -Ma Grotte aux trésors (B. Boissière/C. Jaumotte)
11 -Une polka et puis pas...(B. Boissière/C. Jaumotte)
12 -Le Tablier des anges (B. Boissière/C. Jaumotte)
13 -...

Album en téléchargement sur Virginmega

Sortons.net. "Moments filés de soie" est déjà un album très mature. On y découvre des mélodies aux frontières de Dany Elfman, des voix sensibles, et des arrangements travaillés. Sans oublier les textes, de toute beauté ... envoûtant"

Bazart : Les radis poursuivent leur bout de chemin, toujours en chanson, elles nous présentent leur excellent 1er album, composé de 12 titres de chanson française intimiste.Portés par la voix et le piano de Claire Jaumotte, dont la sensibilité et le talent ne cessent d'étonner, l'osmose musicale entre les radis est bien là ! Elles nous offrent des moments de poèsie, de féminité, de douceur... Merci !

La Murmure : "Moments filés de soie" devrait rencontrer un véritable succès car cet album est une pure merveille à la voix délicieuse de Claire, aux arrangements subtiles et aux textes intelligents avec en prime le coup de pattes de F. Casays et F. Godefroy (...), vous obtenez un véritable écrin de beauté. Redge"

Paris-Normandie : " (...) premier album, véritable petite pépite de réalisme et d'humour décalé"

Rouen mag : "Treize titres pour un univers féminin, au goût intimiste, enveloppé dans la chaleur du piano. Des textes tendres et parfois cruels"

Le Petit Format (Centre de la chanson) : " (...) un premier album réussi, entre radis roses et radis noirs. Fraîcheur insolente et inventivité musicale"

Lisez la chronique sur caderia.com

Chant’Essonne, n°137. Automne 2005. « Magique et envoûtant »

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